Lu dans Stratégies Magazine n°1564. Un article de Delphine Masson.


Alors qu'une nouvelle norme ISO sur la responsabilité sociétale verra le jour en 2010, les agences travaillent pour adopter un référentiel commun et garantir la crédibilité de leurs démarches.
Dans quelques mois, les agences de communication disposeront d'un guide de lecture de l'ISO 26000, nouvelle norme mondiale qui définit et clarifie le concept de responsabilité sociétale en le rendant applicable à tout type d'organisation (entreprises, syndicats, associations, etc.). Cette norme est en cours d'élaboration par l'Afnor, membre français de l'instance de normalisation internationale (ISO) qui l'élabore depuis 2005 pour une sortie fin 2010.
En attendant, les professionnels de la communication sont invités par l'Afnor le 16 décembre à un premier groupe de travail. Objectif: élaborer un guide de lecture adapté à leur métier, une «boîte à outils» permettant une utilisation simplifiée de l'ISO 26000.
L'Afnor, qui explique placer le consensus au cœur de ses travaux en rassemblant le plus grand nombre d'acteurs, a lancé des invitations auprès d'un large panel de parties prenantes: organisations professionnelles (UDA, AACC, ARPP, Anaé, l'Ujjef, etc.), spécialistes du développement durable (Comité 21, Accid, C3D, etc.), associations (WWF, Greenpeace, etc.), mais aussi collectifs antipub (Paysage de France, Les Déboulonneurs, etc.).
Ce qui étonne d'ores et déjà certains professionnels, qui ne comprennent pas, par ailleurs, que ce groupe de travail soit payant. «C'est le principe de l'Afnor de financer ses travaux par des adhésions, mais aussi de n'oublier aucun acteur qui pourrait lui reprocher de ne pas avoir été associé», explique Frédéric Petit, animateur du groupe de travail et directeur du développement durable de l'agence ICOM.
Avec ou sans antipub, les débats risquent d'être animés. Le groupe de travail va en effet devoir déterminer les spécificités et enjeux prioritaires des agences en matière de conditions et relations de travail, gouvernance des organisations, environnement, bonnes pratiques des affaires, engagement sociétal et «questions relatives aux consommateurs».

Garantie par des tiers
Au-delà de l'utilisation du papier recyclé ou des imprimantes recto-verso, des sujets plus sensibles seront sur la table, de l'emploi des stagiaires aux écarts de salaires en passant par l'empreinte immatérielle de la communication – à savoir le contenu des messages.
Quoi qu'il en soit, l'idée de doter la profession d'un référentiel commun paraît inéluctable. «Les agences doivent être sur la même longueur d'onde en matière de responsabilité sociétale des entreprises, indique Pierre Siquier, président de l'agence Ligaris et de la commission développement durable de l'AACC. Sur le fond, nous sommes favorables à cette démarche qui facilite et favorise des pratiques plus responsables et garantie la légitimité et la pertinence des actions entreprises par les agences.»
À l'heure où il est de bon ton de s'afficher écoresponsable, les professionnels les plus engagés souhaitent en effet faire la différence entre des démarches autodéclarées, plus ou moins consistantes, et celles qui sont issues de certification garanties par des tiers extérieurs.
«Face à l'opportunisme vert de certains, d'autres s'adossent à des politiques RSE éprouvées qui donnent du crédit à leurs méthodes et à leurs discours. Ces bonnes pratiques doivent être valorisées à leur juste mesure et reprises par d'autres», commente Frédéric Petit, dont l'agence utilise depuis 2008 Afaq 1000NR, un outil d'évaluation et de pilotage des performances en développement durable des organisations proposé par l'Afnor.
Comme pour les marques, il devrait être, à terme, de plus en plus fragilisant pour les agences de rester dans l'univers du déclaratif et du label maison.

Delphine Masson
Information traitée dans Stratégies Magazine n°1564